Zodiac par David Fincher / Warner

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De 1966 à 1978 un tueur en série terrorise la Californie. Il sème des indices et opère à visage découvert. Deux institutions s’intéressent de près au tueur : le San Francisco Chronicle et la police. Le film de David Fincher narre cette traque qui voit journalistes et flics se croiser, échanger et, bien sûr, s’engueuler.

Chez les journalistes, le dessinateur du journal (Jake Gyllenhaal) se prend au jeu et finit par y perdre, femme, enfants et santé. Chez les policiers, l’un lâche l’affaire, épuisé (Anthony Edwards) et l’autre ( Mark Ruffalo) est écarté de l’enquète malgré son intérêt toujours accru.

C’est le dessinateur qui s’accroche le plus et qui parviendra à réunir des preuves concernant un suspect. Néanmoins, juridiquement, le tueur n’est pas arrêté et l’histoire possède un fort goût d’inachevé pour tous les protagonistes.

Fincher s’éloigne du sensationnel de Seven avec ce film sans emphase, serrant au plus près l’obsession de ces hommes qui veulent comprendre et arrêter l’hécatombe en marche. Le décor est présent mais jamais superflu. Le filmage, sobre, ne vampirise pas la force de l’histoire qui nous porte durant 2h40. Cette fin en queue de poisson est excellente car on évite de tomber dans l’autocongratulation des flics et reporters réunis. Deux acteurs se hissent à un haut niveau : Gyllenhaal et Ruffalo. A noter également les rapports très justes entre le journaliste responsable des faits divers et ce petit dessinateur qui vient piétiner ses plate- bandes. Un bon film, donc, en attendant La nuit nous appartient de James Gray.