Welcome / Philippe Lioret.

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A Calais, les sans-papier d’Europe de l’Est se pressent pour gagner l’Angleterre, présentée comme un eden pour migrants. Un jeune homme, issu d’un pays ont j’ai oublié le nom, cherche à gagner Londres où vit une jeune fille dont il est amoureux. Il est remarqué par un maître nageur qui sort laborieusement d’un divorce. Celui-ci comprend que le garçon s’entraîne à crawler pour pouvoir gagner l’Angleterre à la nage. En expliquant au jeune la difficulté de sa tâche, il finit par l’entraîner et se prend de sympathie pour lui. Bientôt, la police interviendra pour menacer de cinq années de prison cet homme qui donne un coup de main à un sans-papiers. C’est la loi française.

Ce qui est réussi dans ce film, c’est la description de la ville cernée par les flics et le tiers monde qui cherche à partir. Le manège des camions embarquant, parfois à leur insu, des clandestins est bien montré. Ainsi que la frénésie de certains à quitter au plus vite la région calaisienne. On voit moins, par contre, la fameuse forêt où tous ces clandestins survivent en vivant comme des chiens dans des baraques fabriquées à la hâte.
Côté information, le contrat est rempli. Ce qui gêne plus, c’est la vie du maître nageur, anecdotique, ses histoires de coeur avec son ex-épouse, ainsi que la vie du jeune homme dont la présence à Londres n’est pas souhaitée par la future belle famille.

On comprend que le metteur en scène n’a pas eu 50 solutions pour faire passer un sujet grave : il fallait l’alléger avec du quotidien et un acteur qui ne fait pas peur. C’est Lindon qui s’y colle et il fait ça plutôt bien. Malgré les réticences ci-dessus, le film est honnête et donne de la France une image marquée par celle du délateur-voisin et celle des policiers prêts à enfermer tous ceux qui ne rentrent pas dans le rang.