Voodoo par Térez Montcalm / Dreyfus

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Cette chanteuse québécoise occupe un créneau Jazz-Rock au même titre que Madeleine Peyroux investit celui du Jazz-Folk. Deux éléments dominent cette production : la voix de la chanteuse, rauque, sensuelle, pouvant travailler sur plusieurs registres et la production de Michel Cusson, guitariste québécois qui propose un univers proche, parfois, de l’accoustique mais qui ne manque pas de vista et de fermeté. L’utilisation des guitares et des percussions est remarquable. Quatre morceaux de bravoure s’imposent d’emblée : Sweet Dreams de Lennox-Stewart et Voodoo Child d’Hendrix. Love et Close your eyes sont légèrement en retrait. Jazz oblige, ce sont des reprises. Il s’agit néanmoins d’une réécriture et d’une relecture vue à travers le prisme jazz et celui du blues car la voix de Térez évoque de très près celle de Janis Joplin.

Il faut être gonflé pour s’attaquer à Voodoo Child et Sweet Dreams mais la fille s’en tire très bien, supportée, donc, par ces guitares et percussions qui tranchent avec le sempiternel piano-basse-batterie et confère à l’ensemble une couleur presque dylanesque. La reprise de Sorry seems to be a hardest word est plus anecdotique de même que les chansons interprêtées en français. Cela dit, on ne va pas faire la fine bouche : quatre grands morceaux sur le même album, c’est une bonne nouvelle.Térez Montcalm fait partie de la programmation du festival de jazz à Saint Germain des Prés ; surveillez ce festival qui se déroule en mai-juin, si j’ai bonne mémoire.