Un goût de rouille et d’os par Craig Davidson / Albin Michel

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Cet auteur canadien sera présent au festival America du prochain week end. Son recueil de nouvelles fait appel à des personnages hors normes de la vie aux states. Un boxeur tue son adversaire sur le ring et se reconverti dans la boxe thaï, un publicitaire passe l’essentiel de son temps à entrainer des pittbulls et pousse à la mort les chiens qu’il adore, un dresseur d’otaries se fait bouffer la jambe par un orque et perd les pédales, un récupérateur de voitures impayées reste fidèle à son épouse paralysée, un acteur de porno se fait draguer par une égérie sans principes.

Le talent de Davidson consiste à rentrer en profondeur dans chaque univers décrit. Il pioche, met à jour la barbaque. On peut considérer cet univers et cette écriture comme le versant show off de la littérature. Certes. Mais j’y vois une maitrise terrible et une cruauté qui sont rares , portées par une écriture tour à tour précise, fluide et limite kitsch. Ce type emporte tout. Nous aurons dorénavant du mal à nous passionner pour les petits maîtres minimalistes de l’ère post-Carver.