Ultimo Elvis d’Armando Bo.

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Ultimo Elvis.

A Buenos Aires, Carlos Gutiérrez est ouvrier dans une usine d’électro ménager. Il est séparé de sa femme qui garde leur fille, Lisa-Marie, le plus souvent. Mais Carlos n’est pas Carlos, il est Elvis Presley. Pas seulement un sosie de plus d’Elvis mais Elvis lui-même. Quand on lui demande son nom, il répond Elvis. Et quand il doit confier son vrai nom pour toucher des allocs, il prononce à voix basse celui, infamant, de Gutiérrez. Assez gras, moyennement propre, il chante avec un groupe argentin un répertoire exclusivement créé par Presley et, notamment, les morceaux de l’époque hawaïenne. Carlos s’énerve quand la sono est merdique car il est parvenu à un niveau que l’amateurisme ne doit plus concerner. Son épouse est victime d’un accident de voiture et Elvis doit s’occuper de sa gosse qu’il verrait bien chanteuse. Puis son ex sort de l’hosto et, enfin libéré des contingences purement ordinaire, Elvis va pouvoir se consacrer à son grand oeuvre sur lequel je ne dirai rien. Vous verrez ça en projo.

L’acteur en charge du rôle-titre se nomme John McInerny et possède une voix formidable qu’il utilise dans le film. Il est lourd, lent et ferme les yeux quand il chante. Terriblement émouvant. Il n’est donc pas doublé pour la voix et ajoute encore à la crédibilité du rôle. Mais cette histoire qui nous raconte la vie d’un homme malade est en fait une marche tragique vers la folie schizophrénique. Elle est d’autant plus évidente que la voix est belle mais l’image de Guttiérez, boudiné dans un costard blanc à fanfreluches, montre bien la fracture proposée. L’image de Bo est bien éclairée et le rythme de l’opus fonctionne avec celui de l’acteur. Un beau film.