Syriana par Stephen Gaghan, avec George Clooney et Matt Damon.

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Résumer ce film constitue un problème majeur. J’ai cru comprendre que deux sociétés pétrolières américaines avaient des soucis. Un prince modéré du Golfe veut rompre avec les states et démocratiser son pays. Il est aidé par un spécialiste helvétique de l’énergie. La CIA n’est pas contente et envoie George voir de plus près. Un jeune pakistanais qui perd son boulot est récupéré et formé par les islamistes pour une mission suicide. Les américains sont cyniques et pourris mais ça, on était déjà au courant. Chez les arabes, il existe des jeunes cons et des jeunes intelligents. On s’en doutait. On passe du Liban à Antibes, de la Mer Rouge à Genève, de Washington à la cambrousse U.S. J’ai eu peur que la planète Mars soit impliquée mais le film se cantonne au système solaire et, notamment, à la terre de nos aïeux.

A mon sens, le coût d’un tel film équivaut au budget annuel du Nigéria et du Gabon réunis. Il y a donc une grande indécence à produire une telle chose. Mais le plus indécent se situe ailleurs : ce film est lourd, emprunté, démonstratif, faussement intelligent. L’homme derrière la caméra tire tout cela avec un treuil et, au bout du compte, on croit comprendre qu’il s’agit de dire ce que j’énonce plus haut : les américains sont prêts à tuer n’importe qui pour rester les flics du monde et les arabes sont partagés sur l’avenir. Le leur, particulièrement. Détail : George a pris 20 kilos pour les besoins de la cause. Ca laisse entendre que les employés de la CIA sont obèses. Enfin une bonne nouvelle.