Richard Avedon. Photographies 1946-2004.

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Né en 1923 à New York, Avedon a été longtemps considéré comme un photographe léger. A ses débuts, il travaille pour la presse, effectue des reportages et consacre beaucoup d’énergie à la photo de mode. Cette période est bien montrée dans l’exposition et on retrouve avec plaisir les magnifiques clichés de Veruschka et de mannequins moins connus, cadrés avec perfection et sous des angles inattendus. A cette époque, Avedon travaille beaucoup pour Life et Harper’s Bazaar puis Vogue. Vers la fin des années soixante, Avedon évolue vers le portrait et devient vite l’un des plus grands portraitistes du monde. Toutes les stars y passent dont Marilyn Monroe, Alberto Giacometti, Charlie Chaplin, Bob Dylan.

Mais le photographe ne s’enferme pas dans une attitude show off. Il parcourt les routes de l’Amérique et propose des portraits d’ouvriers , de routiers, de mineurs de charbon, de travailleurs sur gisements pétrolifères. Les fonds sont blancs et les photos sans concession. On y découvre une Amérique qui souffre et propose ses corps déformés, cadrés à mi-hauteur, sans apprêts.

Evidemment, chacun garde dans son panthéon perso ses Avedon préférés. Mes deux photos favorites : le poète W.H. Auden, massif sous la neige et Jacob Israel Avedon, père du photographe, qui se mordille la main, les yeux dans le vague. L’exposition est bien installé et ne joue pas l’épate. Les grands formats cohabitent avec des formats moyens et d’autres de dimensions plus modestes. Meilleure expo de l’année.