Qu’un seul tienne et les autres suivront par Léa Fehner.

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Zohra habite Alger et traverse la méditerranée pour comprendre quelque chose à la mort de son fils. Le jeune homme a été poignardé par son petit ami. Stéphane, coursier, zone dans sa vie, sa copine lui prend la tête et il a besoin d’argent. On lui propose un marché : prendre la place d’un caïd dans une prison marseillaise contre un paquet de fric. Laure a 16 ans et joue au foot. Elle rencontre Alexandre, un petit voyou a fleur de peau qui se retrouve lui aussi en taule.

Ces trajectoires vont se croiser au sein du parloir de la même prison. Ces trois enfers quotidiens auront-ils leur peau ? C’est l’enjeu du film, comment survivre à ça, à la prison, à la solitude, aux rêves avortés, à la mort de l’autre, au mensonge.

Léa Fehner a écrit un scénario compassionnel mais qui ne verse jamais dans la sensiblerie. Le filmage est au plus près des visages, de leurs doutes. Les acteurs sont formidables, induisant une tension qui explose parfois dans des hurlements qu’on entend peu dans le cinéma français. Le projet de Léa est différent de celui d’Audiard. Lui montrait comment la prison fabrique ses bêtes fauves. Elle donne à voir un monde qui ne peut survivre qu’avec l’appel d’air du dehors. C’est plus sensible, en quelque sorte. Un grand film.