Mille crétins par Quim Monzo / Jacqueline Chambon.

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La première nouvelle de Quim Monzo pratique un humour retenu : un jeune homme rend visite à son père, dans une résidence du 3eme âge. Les deux hommes entretiennent des rapport normaux jusqu’au moment où l’on se rend compte que le vieillard est un travesti qui enfile ses bas, passe son rouge à lèvres etc... L’astuce de Monzo consiste à ne pas profiter de la situation. L’entretien est décrit "normalement". Un second texte relève également de l’entretien : un homme rend visite à ses parents, confinés tous les deux dans une même résidence du 3eme âge. Le couple envisage de se suicider mais "sans gêner". La mère prévoit, s’ils s’ouvrent les veines, deux récipients afin de recueiilr leur sang pour éviter de tâcher le parquet. Après, ils décident de ne plus s’alimenter mais le père est un glouton. Le fils, qui finit par éprouver des idées de meurtre, se calme et attend, stoïquement et avec une certaine nostalgie, la fin de ses géniteurs. La troisième nouvelle de qualité démarre sur un mot flatteur prononcé par un écrivain concernant le livre d’un débutant. Dès lors, ses mots banals sont repris pour servir de publicité au novice. Celui-ci, éperdu d’admiration, veut se rapprocher de cet homme à qui il doit beaucoup. Bref, à partir d’un quiproquo, une situation ennuyeuse se creuse entre les deux plumitifs.

Voilà pour les réussites du recueil. Quim Monzo utilise également l’accumulation-répétition mais celle-ci se conçoit si chute il y a. Mais là, Monzo rate le coche. Des nouvelles fort brêves terminent le recueil sans apporter un vrai plus. Cela dit, ce nouvelliste maîtrise le genre très court et dispense un humour noir, sérieux comme un pape.

Quim Monzo est né en 1952 à Barcelone. On le compare à Sergi Pamies et Robert Coover l’adore.