Mesrine, l’ennemi public n°1, par Jean François Richet.

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C’est moins dramatique que la presse l’écrit. En fait, les deux premiers tiers du film sont bien menés. Le rythme est soutenu, les scènes de foule formidables, les évasions de Mesrine et Besse bien conçues. Deux scènes intimes viennent casser cette aspiration vers la fin : l’agonie du père de Mesrine et la visite au parloir de sa fille qui est devenue une jeune fille troublante. Jouées tout en retenue, ces séquences sont réussies.

En fait, ça se gâte avec l’apparition de Gérard Lanvin qui interprête Charly Bauer. Tout le monde connait Lanvin et le retrouver en militant d’extrême gauche dôté d’un accent provençal est du dernier comique. Ce n’est pas sa faute mais le responsable de casting doit être amoureux. Seconde errreur de cast : Ludivine Sagnier qui vient ici, comme un cheveux sur la soupe, camper la dernière compagne de Mesrine. On la verrait mieux amoureuse d’un comédien spécialisé dans Marivaux. Il a fallut, hélas, lui donner du texte (indigent) vu qu’elle s’appelle Sagnier. Deux séquences également ratées dans ce dernier tiers : l’enlèvement et l’exécution du journaliste de Minute : mal écrit, mal filmé. Et, bien sûr, le repas inénarrable opposant Mesrine et Bauer autour du thème culte : les truands doivent-ils être également des militants politiques à leur manière. On se retient pour ne pas éclater de rire. Ca fait beaucoup mais, par bonheur, tout est concentré à la fin.

L’ensemble des deux films est à mettre, néanmoins, au crédit de Richet qui a réussi à traiter un sujet difficile, avec beaucoup de punch, à l’aide d’un acteur à son plus haut niveau : Vincent Cassel.