Lune captive dans un oeil mort par Pascal Garnier / Zulma

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Les Sudre arrivent les premier aux Conviviales : résidence clôturée, sécurisée (Monsieur Flesh veille), un nouveau concept de vie réservé aux seniors qui peuvent ainsi s’ennuyer entre eux. Quinze jours par an, ils ont la possibilité de recevoir leur famille. Le reste du temps, ils trainent du côté de la piscine, visitent les abbatiales de la région et bricolent au garage. Puis les Nolde arrivent. On se reçoit, on boit, on parle, on mange de la compote faite maison. Ensuite Léa s’installe, une femme seule qui interpelle dans ce monde de couples. Et enfin, l’animatrice déléguée aux jeux qui amusent les seniors, débarque devant le pool house.

Cette belle harmonie, construite autour de l’ennui et de la peur des autres, va se trouver bouleversée par l’installation d’un camp gitan à quelques centaines de mètres mais situé à côté du feu rouge. Je vous laisse imaginer la promiscuité dégradante que doivent subir les résidents, stoppés à deux encablures d’une population nomade. Un révolver apparaîtra, des secrets étouffés remonteront à la surface et le monde des riches oisifs vacillera.

Pascal Garnier a pris un grand plaisir, sadique, à décrire la vie (toute petite) de ces abrutis qui ne sont pas forcément plus mauvais que les autres. Mais la médiocrité s’avance ici, la peur, les apparences. La partie purement polar du récit est courte et sans importance car c’est le travail d’enthomologiste de Garnier qui est réussi et nous intéresse. Ce sujet, rarement traité en fiction, est bien mené, servi par une écriture d’une grande fluidité, sans sautes de ton, donc d’une grande justesse.

En vente début janvier.