Les variations Sebastian par Emily St. John Mandel / Rivages.

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Ce titre d’Emily paraît après la publication de deux livres magnifiques : Dernière nuit à Montréal et On ne joue pas avec la mort. Espérer mieux paraissait illusoire. C’est le cas.

Gavin se fait virer de son quotidien New-Yorkais après avoir bidonné quelques papiers. Il invente des interviewés qui, d’une certaine façon, parlent en son nom. Du coup, il revient dans la ville de sa jeunesse, Sebastian, en Floride. Et c’est le passé qui intéresse la romancière. Quand Gavin était en fin d’études, il jouait dans un quartet de jazz étudiant. Il fréquentait également une gamine de 16 ans, Anna, qui, enceinte de ses oeuvres comme on dit, quitte la ville avec un autre. A ceci près : le garçon ignore qu’il est père d’une fillette nommée Chloé. Partant de là, St. John Mandel met en place une intrigue simpliste mais, pour lui donner de la consistance, et la rendre énigmatique, elle procède à la façon d’Innaritu dans ses films. Allers-retours passé/ présent, narration morcelée, points de vue changeants. Le problème, c’est l’incapacité de l’intrigue à retenir l’attention. On a beau faire, on s’en fiche. Par contre, les 30 dernières pages sont parfaites car la fiction se termine vue par les yeux d’un personnage secondaire qui ajoute une focale intéressante à cette histoire qu’on peut lire comme un road movie fragmenté.

Bref, il s’agit d’un livre "intermédiaire" car on nous dit que le quatrième roman d’Emily casse la baraque aux US en ce moment. Il sera peut-être chez nous fin 2015. Soyons patients, elle a du talent.

Emily.