Les jeux de la nuit par Jim Harrison / Flammarion.

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Ce livre de Jim Harrison est structuré comme l’était Légendes d’automne : 3 novellas bien compactes. On retrouve avec plaisir Chien Brun, toujours le feu au cul, humant les femmes tel un boxer en rut. Mais le texte qui arrache tout est le premier, La fille du fermier, 115 pages.

Je ne sais trop comment s’y prend Harrison mais il arrive à nous passionner avec l’histoire d’une gamine, Sarah, transportée jeune dans le Montana. Elle est grande pour son âge et préfère la compagnie de son cheval et son clébard à celle des gosses de son âge. Il n’y a pas grand monde dans le Montana et on n’y fait pas grand chose à part buter des antilopes et décortiquer des bestioles de 200 kilos mais ça ne lui pèse pas, c’est le cas de le dire. Elle tombe quasi amoureuse d’un vieillard voisin, emporté par un cancer, se frite avec sa mère, copine enfin avec des filles de son âge et se fait violer dans son sommeil par un crétin ivre-mort. Commence alors pour elle le grand oeuvre de sa vie : se venger du violeur et le tuer comme on abat un chacal. Mais la réalité est plus compliquée. Elle parviendra enfin à tomber vraiment amoureuse d’un homme plus âgée qu’elle. A seize ans.

Bien entendu, elle joue du piano. Ces stupidités, écrites comme je viens de le faire, feraient rire habituellement. Mais Harrison est grand et transforme le moindre plomb en or. Affectueux, bonhomme, maitrisant son sujet à l’aide d’une langue charnue et précise, l’écrivain reprend le leadership de la short story.