Le vent du diable par Richard Rayner / Rivages

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Dans les années cinquante, Maurice Valentine est un architecte à succès en Californie mais c’est à Las Vegas qu’il gagne le mieux sa vie. Paul Mantilini, un parrain de la ville, décide de le prendre en mains et de le propulser au sénat. En contrepartie, Valentine comprend qu’il devra voter pour les projets pharaoniques de Paul. Puis apparait Mallory Walker, une jeune architecte qui saute dans les bras de Valentine. Il la présente à Mantilini et, partant de là, la vie tranquille de l’architecte change et verse dans le drame.

Le private joke s’appelle Wardell Lane dans le livre et Wardell Gray dans la vie. Le vrai Wardell fut l’un des grands saxophonistes ténor de ces années- là. Influencé par Charlie Parker et Lester Young, il trouve sa voix mais est assassiné le 25.5.55 à Las Vegas. Au sujet de sa mort deux versions circulent : il n’aurait pas honoré une dette de jeu ou il s’agirait d’un crime raciste. Rayner propose une troisième explication qui tient la route : Wardell Gray aurait refusé d’écouler la drogue de la mafia et on l’aurait tué pour ça. Pourquoi pas ?

Le livre est bien construit, les personnages tiennent la route, la narration est polyphonique. Cela dit, malgré ces qualités, le livre ne décolle pas. On reste en attente de quelque chose qui ne vient pas d’autant que le personnage principal, Valentine, reste falôt du début à la fin. Avec les mêmes ingrédients de confection qu’Ellroy, Rayner se tient très en deça.