Le temps suspendu par Valeria Parrella / Le Seuil.

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valeria parrella

Maria, 42 ans, vit et travaille à Naples. Elle est prof dans une école réservée aux adultes qui suivent des cours du soir afin de décrocher le brevet des collèges. Certains pour se cultiver, d’autres pour améliorer leur situation dans une administration ou encore pour décrocher ce fameux diplôme qui manque même à des licenciés. Un amour de passage lui laisse un polichinelle dans le tiroir et se défile rapidement. Maria accouche, mais beaucoup trop tôt. A peine née, la petite Irène est plaçée dans une couveuse au service des soins intensifs. Durant cinquante jours, Maria ne pourra que lui tenir le bout des doigts. Tous les jours, elle se rend à l’hôpital, enfile la blouse obligatoire et passe le temps en surveillant sa fille et en discutant avec d’autres mères. Car personne n’est capable de lui dire si, au bout des 50 jours de couveuse, son enfant vivra. C’est la loterie. Quand l’air, le vrai, le dégueulasse, rentrera dans les poumons de la gamine, on saura.

Maria ne peut plus vivre comme avant, elle annule des rendez-vous avec des copains au dernier moment car elle ne sait plus rire et s’amuser. Hors les murs, Naples est toujours présente, chaude, dangereuse parfois mais la camorra n’apparaît pas. Un jour, le cinquantième, Maria aura la réponse attendue. Elle pourra tenter de reprendre alors ses cours et retrouver ses élèves qui lui manquent, finalement.

Valeria utilise, comme dans ses nouvelles, une écriture rapide, allusive, intime, sans affèterie. Un tel sujet pourrait faire pleurer dans les chaumières mais ça n’est pas le cas ici car l’auteur dispense une énergie qui ne rime jamais avec sensiblerie. Ce livre paraît le 1er avril.