Le sabot du diable par Kem Nunn / Folio.

Publié
K.N.

Drew Harmon, surfer sur le retour, monte une expédition pour gagner un spot d’enfer sur la côte ouest des Etats Unis. IL veut affronter Heart Attacks, des vagues monstrueuses et mettre un terme triomphant à sa légende. Il emmène avec lui Fletcher, photographe fatigué mais spécialiste de la photo de surf et deux jeunes champions, crane rasé et rien à l’intérieur.
Pour gagner le spot, il faut traverser deux réserves indiennes ce qui pourrait poser problême à tout le monde sauf à Drew. Les indiens se tirent déjà la bourre autour de l’utilisation de la rivière qui coupe le territoire en deux, ce qui ne présage rien de bon.
A la première confrontation avec les grosses vagues, un jeune indien qui conduit la barque de Fletcher tombe à l’eau et se noie. Partant de là, tout barre en sucette. Des autochtones teigneux et débiles veulent massacrer les rois du surf, la femme d’Harmon, Kendra, bat la campagne en parlant aux esprits, Travis, un bon indien, veut sauver tout le monde, les flics sont plutôt fainéants, l’un des surfeurs déjante et tire sur tout ce qui bouge et j’en passe.
Au centre de ce chaos, Harmon poursuit son but : dompter la vague et finir dans la beauté. A priori, Kem Nunn a du écrire son livre sous LSD, ce qui n’est pas une mauvaise chose. Parler de fiction noire ou policière est aller loin en besogne mais cette quête d’absolu sur une terre hostile peut rappeler à certains des fragments d’Au coeur des ténèbres, version Hawaï ou Albuquerque, selon les goûts. Ce qui reste à l’esprit est l’omniprésence de la mer et des vagues qui roulent sur le sol, perceptibles sur la terre ferme à plusieurs kilomètres. Cette affaire déjantée est bien menée et on finit par avaler ces 500 pages fiévreuses en se répétant que Kem Nunn a du talent. Concernant les néophytes en surf, la lecture préalable de Surf City (du même auteur) est néanmoins conseillée.