Le roi des Zoulous par Jean-Jacques Salgon / Verdier

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Jean-Jacques Salgon ne s’est pas remis de sa rencontre avec la peinture de Basquiat. Certains se contenteraient de compulser une monographie mais l’écrivain veut en savoir plus. Il arpente, donc, les rues de New York, le Brooklyn Museum que Jean Michel a connu à l’âge de six ans, le Musée Cantini à Marseille, le Musée Maillol (responsable d’une belle rétrospective du peintre), Beaubourg, bien entendu, qui planque toujours des oeuvres dans ses caves, la collection Lambert à Avignon (qui possède également de belles photos de Nan Goldin).

Il regarde de près les DVD consacrés au peintre, contacte des gens qui l’ont approché (Maripol, notamment). il essaie de décrypter certaines toiles à l’aide des textes inscrits dessus ou bien en référence aux titres formidables inventés par Jean Michel. Salgon nous rappelle aussi quelques anecdotes comme celle de Jim Jarmush qui pose le pied sur une oeuvre dans l’atelier du peintre et se voit encouragé par celui-ci à continuer. Ou bien, les ballades de Vincent Gallo et Jean Michel dans la nuit de Wall Street, bombes à la main pour grapher les murs trop lisses.

Bref, ce livre est bien mené et l’idée est sympathique. Le seul problême, c’est l’écriture de Salgon qui a beaucoup à voir avec le 19eme siècle et rien du tout avec le nôtre. Il faut parfois s’accrocher devant des phrases chantournées et des tunnels interminables à peine ponctués. On aurait préféré un texte plus rageur, plus fusant, du scalpel, quoi. Mais les amis de Basquiat se retrouveront dans l’autoportrait brossé par un obsédé d’acrylique.