Le retour du professeur de danse d’Henning Mankell, le Seuil.

Publié

D’abord on croit que Wallander est de retour mais non, il s’agit d’un nouveau héros des temps modernes : Lindman. Pour qu’on s’apitoie un peu sur ce flic malin, Mankell l’affuble d’un cancer de la langue. De temps à autre, Lindman nous rappelle qu’il a un cancer de la langue et qu’il est très malheureux. Comme ça, c’est plus sûr : notre héros est fort mais, tel un humain ordinaire, il connait des faiblesses.

Au début de l’histoire, Mankell nous concocte un flash back qui désamorce tout le livre puisqu’il est évident dès le premier chapître que le mort - Herbert Molin- sauvagement assasssiné est un ex-nazi. Après, il faut se coltiner une fiction qui ne cesse de faire parler des voix intérieures ou réfléchir les protagonistes. Comme si Hammett et Simenon n’avaient jamais existés. On croit rêver. La critique bêlante se gargarise des livres de Mankell quand il faudrait soutenir David Peace, James Ellroy ou Ake Edwardson. Le bon côté du bouquin, c’est la révélation pour nous, français, d’un fort contingent nazi en Suède durant la guerre. Si l’on en croit Mankell, ça continue mais, là, nous sommes peut-être au coeur de la fiction. Lisez Elmore Leonard et Donald Westlake.