Le policier qui rit par Sjöwall et Wahlöö / Rivages

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De 1965 à 1975, dans ces eaux-là, le couple suédois a publié dix livres consacrés aux enquètes du commissaire Martin Beck et à son équipe de flics basée à Stockholm. Rivages propose une réédition dans la même collection -Rivages-Noir- de ces romans aux traductions revues et corrigées. Roseanna fut le premier livre réédité. Beau roman simenonien, il fut suivi de L’homme qui partit en fumée et de L’homme au balcon. Le policier qui rit parait ces jours-ci.

Un bus de Stockholm est retrouvé, planté dans une vitrine, avec à son bord neuf passagers descendus à la mitraillette. A priori, aucun lien n’existait entre les victimes. Stenström, jeune flic proche de Beck et impatient d’arriver, fait partie du groupe. Au début, ça patauge dur chez les policiers mais fragment par fragment, Beck et ses amis parachèveront un puzzle qui règle non pas une affaire mais deux. La seconde, vieille de 16 ans, était considérée par les policiers comme l’exemple type du crime parfait.

Je citais Simenon plus haut mais, ici, il faut nommer le 87eme district, Carella et leur créateur, Mc Bain. Cela ne prête pas à conséquence car les suédois avancent comme en Scanie : lentement, les pieds gelés et Beck n’est pas le roi de la gâchette mais un as de la réflexion. L’écriture est toujours sobre, on nous évite la plongée de la Suède dans l’ultra violence et les enquèteurs ne la ramènent pas. Ils ont parfois de la chance, même les abrutis du service. Nous sommes donc dans l’enquète-vérité qui ne prend jamais l’allure d’un police procedural car les écrivains fonctionnent avec des informations impressionnistes, par petites touches, donc. Ce couple est à l’origine de tous les polars du Nord qui font les choux gras des gazettes littéraires depuis quelques années. Mais nous sommes, avec Le policier qui rit, face aux originaux. C’est mieux, beaucoup mieux.