Le pic du diable par Deon Meyer / Le Seuil

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Trois intrigues parallèles sont proposées qui finiront par fusionner. D’abord, une ex-prostituée raconte sa vie à un prêtre. Ensuite, Thobela, ex- homme de main d’un boss de la drogue, se retrouve seul après la mort de son fils adoptif. Il est assoiffé de vengeance. Enfin, Griessel, flic alcoolique au dernier degré, essaie de remonter la pente pour retrouver l’amour de ses enfants et la considération de sa femme. Meyer est bon narrateur et l’écriture n’est pas mauvaise. Evidemment, le fait de maintenir le suspense sur les intrigues séparées, avant qu’elles ne convergent, grossi le livre mais c’est de bonne guerre.

Ce qui gène dans Le pic du diable, c’est la position de l’écrivain par rapport à l’attitude de deux de ses personnages. Thobela décide de dézinguer tous les adultes responsables de violences sur enfants. Ce n’est plus de la vengeance, c’est du transfert. Meyer sauve son personnage en fin de livre, paré pour de nouvelles aventures.

Le flic, lui, se fait justice et tire une balle dans la tête de plusieurs dealers qui ont abusé de sa fille. Et il s’en tire comme une fleur. Ca fait beaucoup à mettre au compte de la vengeance-délire individuelle. Je pense, notamment, qu’il n’était pas indispensable que ce flic tue froidement dans les dernières pages. En lisant Meyer, on n’est pas vraiment partant pour des vacances en Afrique du Sud. Manifestement, la loi du talion est reconnue d’utilité publique. Si je parle de morale, on va me dire qu’il s’agit d’une fiction. Certes, mais dans ce cas, l’auteur doit lâcher ses personnages et indiquer clairement sa position. Je me demande si Gallimard aurait laissé passer ça.