Le monde d’après par Jean-Christophe Chauzy / Casterman.

Publié

JC Chauzy fut longtemps un compagnon de route du roman noir français ainsi qu’un illustrateur inspiré du monde et des musiciens du rock et du blues. J’ai travaillé avec lui sur l’adaptation de deux de mes livres : La guitare de Bo Diddley et Rouge est ma couleur. Son trait vif, sa science de la contre-plongée et son utilisation des gammes colorées font merveille depuis longtemps. Depuis deux ou trois livres, Chauzy a troqué son terrain urbain de prédilection (plutôt Paris, en fait) pour mettre le nez du côté des campagnes pyrénéens. Dans le précédent ouvrage du dessinateur, on faisait connaissance avec une famille qui se retrouvait balayée par un désastre tellurique dont on ne savait trop l’origine mais qui voyait le monde retourner à des valeurs simples : survivre au milieu du chaos, bouffer, se chauffer, ne pas être tué. Ici, nous assistons toujours à la fuite en avant de la mère de famille, de ses deux enfants, d’un copain des mômes et du chien. Le but pour les enfants étant de retrouver leur père signalé en Espagne et pour la mère de sauver son cul. Ils avancent dans la douleur, perdent le chien puis le copain des enfants. Cette BD est à classer dans les BD ou romans post-apocalyptiques. Ce qui séduit dans ce livre, c’est la capacité de Chauzy à se renouveler complètement au niveau de l’imagerie, des couleurs et de l’univers décrit, à mille lieux de celui des villes qu’il pouvait dessiner les yeux fermés. Une reconversion graphique réussie, donc.