La voix par Arnaldur Indridason / Métaillié

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Dans un hôtel de luxe à Reykjavik, le portier est retrouvé mort, le pantalon sur les chevilles, la bite à l’air et nanti de deux coups de couteau. L’homme occupait une petite chambre dans les sous-sols du palace depuis la nuit des temps. Le commissaire Erlendur furète et, comme les fêtes de noël le mettent mal à l’aise, il prend carrément pension dans l’hôtel. Au cours de son enquète il découvrira que le mort fut un chanteur-enfant prodige sous le nom de Gulli. Cette découverte fait ressortir le passé compliqué du portier sur lequel l’intrigue est construite. Et comme nous sommes coincés avec Erlendur dans l’hôtel, ça ne bouge pas des masses. Quand sa fille veut le voir, c’est elle qui doit se rendre à l’hôtel, par exemple.

Cette unité de lieu rappelle les grands moments du whodunit. L’enquète à la pépère évoque évidemment Maigret. C’est une constante du polar scandinave que les français portent au pinacle : faire de la soupe dans les vieux pots. On se demande à quoi ont pu servir Ellroy, Manchette, Peace, Westlake. Une chose est certaine : la révolution ne viendra pas du froid. Néanmoins, j’ai l’impression de parler dans le vide car Arnaldur a déjà reçu deux prix français pour La cité des Jarres. C’est très important, les prix, ça pose son homme.

Que sauver de cette enquète poussive et datée ??

Erlendur, bien entendu. Toujours écoeuré par la vie, par son mariage raté et brisé par la mort de son frère. Et sa fille, ex-junkie, luttant pour ne pas replonger dans la came. Un peu borderline depuis la mort de son bébé, elle laisse entendre qu’elle a du se prostituer pour payer ses doses. Deux beaux personnages, certes, mais qui ne font pas un livre. La femme en vert, précédent ouvrage d’Indridason, était plus âpre, donc meilleur.