La vie des autres par Florian Henckel von Donnersmark.

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Nous sommes au début des années 80 et la Stasi règne sur l’Allemagne de l’Est. Tout le monde a quelque chose à dénoncer et ça plait beaucoup aux flics du pouvoir. Georges Dreyman, auteur dramatique, est assez proche du dit pouvoir mais ses amis ne sont plus joués ou édités et son coeur balance parfois. Le ministre de la culture s’éprend de sa compagne Christa-Maria, comédienne, et donne pour ordre à la Stasi de trouver quelque chose qui lui permettrait d’écarter ce rival encombrant. Partant de là, l’avenir de Dreyman semble flêché mais il suffit parfois d’une poussière dans l’engrenage pour faire dérailler les trains dictatoriaux.

Quand le film commence, à la Stasi et au centre d’hommes en uniformes vert de gris, on a peur d’avoir affaire à un film didactique. Mais non. Von Donnersmark met en scène un scénario subtil qui évite le manichéisme trop facile sur un sujet comme celui-ci et permet aux acteurs de présenter un visage plus contrasté de ces années Honecker qui préludaient à la chute du mur de Berlin.

Plus tard, après la chute du Mur, justement, les images du réalisateur laissent entendre que la vie de l’allemand de l’Est de base n’a pas beaucoup changée après l’irruption de la liberté. C’est vrai dans un sens. A savoir que l’Ouest n’était pas préparé à cet afflux de travailleurs et ceux-ci ont vite grossi les rangs des chômeurs. Les ressortissants de l’Est n’étaient pas préparés, eux aussi, à l’économie de marché et à la lutte quotidienne dans le cadre du travail. L’Etat n’est plus là et ça nécessite un sérieux changement de mentalité de la part de tous. Mais la victoire principale est celle, qu’on le veuille ou non, de la liberté de vivre et penser. Cela est dit dans la dernière image du film. Que je recommande vivement.