La sentinelle de l’ombre par Robert Crais / Belfond.

Publié
R.C.

Depuis quelques années, Robert Crais donne une importance accrue à Joe Pike au détriment du détective Elvis Cole. Joe Pike, mutique, lunettes noires, ancien militaire et flic, fonce tête baissée dans les soucis pendant que Cole arrive en soutien logistique.

Dans la présente intrigue, Pike repère deux chicanos occupés à tabasser le patron d’un snack de L.A. Aussitôt, il porte main forte à l’homme, Wilson, et lui sauve à priori la vie. Mais le limonadier ne souhaite pas qu’on l’aide. Pike tombe néanmoins sous le charme de sa nièce, Dru. Tout ceci le rapproche d’un cartel de drogue mexicain et d’un de leurs chefs chargé d’aplanir les conflits. Partant de là, toute l’histoire verse dans les semblants, faux-semblants, alliances contre-nature, FBI douteux, passé trouble à la Nouvelle Orléans de certains protagonistes et un très gros magot attire les requins telle l’odeur du sang. Pike et Cole, stimulés par l’intérêt que Pike porte à Dru, se font balader. On s’y perd un peu et le fil est ténu, comme on dit. Mais Crais reprend son petit monde en mains dans les dernières pages et redresse la situation du livre d’une poigne de fer.

On se demande si Crais n’est pas victime du vent de complexification des intrigues, typiquement US, depuis quelques années. Si c’est le cas, un retour au calme lui ferait du bien. La lecture de ce livre n’est pas indispensable mais les amateurs de Crais découvriront le coeur d’artichaut de Pike. Qui se révèle donc humain, comme tout le monde.