La saison des massacres par Giancarlo de Cataldo / Métailié

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Il s’agit, en quelque sorte, d’une suite à Romanzo Criminale. Deux personnages sont toujours vivants dans cet opus : le commissaire Scialoja et la pute Patrizia.

Falcone est mort. Le "Vieux", un type du pouvoir occulte, est mort également et laisse à Scialoja ses dossiers sur les forfaitures de la classe politique. La mafia veut venger l’emprisonnement de Toto Riina, le parrain en chef. Stalin Rossetti, mafieux anti-communiste, manipule Patrizia afin de confondre Scialoja qu’il déteste. Et avec tout ça, Berlusconi se lance en politique. L’idée de Scialoja est d’éviter que la marmite explose et que les morts s’accumulent.

Cataldo écrit très bien mais il n’oublie pas qu’il est magistrat de profession et, malheureusement, c’est le magistrat qui règne sur ce livre évoquant un dossier. La dimension fictionnelle a disparue, contrairement à Romanzo Criminale. Ici, nous sommes dans les alcôves du pouvoir où se font et défont les réputations. Où l’on croit décider mais les vraies décisions se prennent à Palerme. La mafia supporte les "politiques" à condition que le bizness continue. Je ne vous parle pas de "l’honneur" revendiqué à tout bout de champ, et dans tous les livres, par les natifs de Sicile. Livre sec, donc, mais bien écrit. Réservé aux spécialistes de l’Italie. En contradiction avec le film "Gomorra", sur la mafia napolitaine, qui peut être vu par tout le monde.