La nuit nous appartient par James Gray.

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Un père, deux fils. L’un des garçons est flic comme papa, l’autre gère une boîte pour un russe plein aux as. Les premiers auront besoin du second mais l’histoire se complique singulièrement quand les russkofs commencent à parler d’héroïne-base.

James Gray, c’est le très haut niveau. On ne peut le comparer qu’à lui-même. Par goût personnel, j’avais beaucoup aimé Little Odessa qui disait beaucoup sur les fratries et les ruptures entre générations. The Yards, second opus de Gray, était un bon film avec un scénario plus subtil encore que celui d’Odessa mais un rythme plus lent dans la narration. Ici, avec La nuit nous appartient, le cinéaste dope sa mise en scène . Le film possède de la densité mais le schéma scénaristique est plus simple que celui des précédentes livraisons de James Gray. Cela dit, nous sommes au top, on ne va pas faire la fine bouche. En réalité, une seule chose me gène : la mise en avant, sans vergogne, des flics américains. Les valeureux combattants, les héros de la nuit. Une dernière scéne, très contournable, enfonce le clou et, franchement, ça me pose problême. Evidemment, le thème central de Gray reste fort : nous sommes dans la tragédie grecque en permanence, les liens familiaux, les destins ratés, la vie qui retourne les alliances. Il me reste quand même toutes ces images de flics en tenues, sérieux comme des papes. Deux mots sur les acteurs : Walhberg et Duvall sont très bons, sobres, dans une rétention lourde de sens. Joaquin Phoenix sait tout faire : le mépris, la cassure, la violence et il est bien le grand bonhomme des deux derniers films de Gray

Ce mois de novembre restera un grand mois pour la production cinépolar. Les Etats Unis sortent vainqueurs de cette période. Les deux films impeccables, que je porte au plus haut, sont Dans la vallée d’Elah et Les promesses de l’ombre. Le Cronenberg est vraiment le grand film de cette fin d’année, en attendant Gone Baby Gone d’après le livre de Lehane.