La musique de papa par José-Louis Bocquet / Suite Noire n°17

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Un père producteur de musique dans la débine récupère son fils rebelle que son ex-femme n’arrive plus à contrôler. Jules, le fils, se fait offrir une guitare et commence à jouer avec un groupe de rock. De fil en aiguille, le père en vient à produire le groupe. Mais le happy end n’est pas au rendez-vous malgré le succès publique de l’album de Formica.

On ne peut pas dire que Bocquet ait déployé des efforts d’imagination pour rédiger ce court roman. L’écriture, quant à elle, fait dans l’efficace : beaucoup de dialogues à la manière d’un scénario de BD. Pourquoi j’en parle ? Parce que ce livre est réussi. Parce qu’il ressemble à son sujet, le rock, avec de l’énergie, de la détresse, de l’amour aussi. Bocquet a développé un ton très juste dans sa fiction, les écrivains ayant tendance à en faire des tonnes concernant cette musique. On a généralement droit aux overdoses programmées, à la gadoue, aux filles qu’on baise entre deux mobile home, aux riffs de guitare live. Ici, non. Tout est fluide, simple (pas tant que ça, finalement), et les références au réel sont les bienvenues : l’influence de Myspace, la sexualité du fils, l’ex-punk dépassé par le nouveau son. Ce livre s’avale d’un coup, sans pause, donc, et laisse loin derrière lui d’autres volumes de cette collection alourdis par une surécriture, un ton rigolard (le mal français) et beaucoup de prétention. J’ai oublié l’essentiel pour parler de cette fiction, son sujet secret : le sentiment filial ou comment se rejoindre sans tomber dans les violons du mélo. Tous les pères de rockers me comprendront.