La loterie par Miles Hyman, d’après Shirley Jackson / Casterman.

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Dans une ville de la cambrousse américaine, des familles modestes de paysans, pour la plupart, se préparent à la journée de la loterie fixée dans cette bourgade au 27 juin. Ils compilent des papiers blancs pliés sauf l’un d’eux marqué d’un point noir. Manifestement, cette journée est d’une importance certaine mais n’engendre pas de joie excessive. On pourrait même dire qu’ils vont tous à la loterie en traînant la patte, excepté l’animateur pas mécontent de lui. Cette journée se terminera par le tirage qui révèlera des moeurs cruelles, une barbarie qui n’étonne guère venant de contrées américaines hors du temps.
A la parution de sa nouvelle, Shirley Jackson dut faire face à un vent de révolte et de critiques émanant d’incultes n’ayant pas saisi qu’il s’agissait d’une fiction. Qui plus est, un regard sans pitié sur le monde et l’exclusion . On notera que certains pays ont refusé la diffusion du livre mais l’Afrique du Sud a accepté sans problème, ce qui laisse songeur. Miles Hyman a mis en images cette fiction, distillant une angoisse sourde à coups de visages fermés, de peurs indiscibles. Les dialogues sont courts, tout passe par l’image. Une réussite.