La grande vie par Jean -Pierre Martinet/ L’arbre vengeur.

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Jean-Pierre Martinet est mort en 1993, à quarante neuf ans. Il a écrit plusieurs livres dont un, Jérôme, est considéré comme son chef-d’oeuvre.
Certains de ses textes ont paru dans la revue Subjectif, dirigée par Gérard Guégan et Raphaël Sorin. Il fut durant quelques années assistant réalisateur à l’ORTF. Le texte dont il est question ici a paru pour la première fois dans Subjectif en 1979.

Adolphe Marlaud vit dans un appartement qui donne sur le cimetière Montparnasse. Il peut ainsi surveiller la tombe de son père située quatrième division ouest, allée Raffet. Parfois, il tire sur les salauds de chiens qui stationnent trop longtemps sur la pierre tombale. Mais le problême de Marlaud, c’est sa concierge, Madame C. tombée en pamoison face au jeune homme qu’elle contraint à des relations sexuelles dégradantes. Cette femme monstrueuse, aux dimensions intimidantes, aspire dans son sexe celui de Marlaud qui meurt un peu plus à chaque fois. Puis un jour, alors qu’elle en demande encore plus, Adolphe se réfugie chez lui pour échapper à l’ogresse.

L’humour est désespéré, le quotidien mortifère, la rue Froidevaux affligeante et l’écriture, activée par une science du mot juste, est tout simplement géniale dans sa simplicité mais aussi dans sa folie. Marlaud avance dans la vie par hallucinations et nous parcourons ces pages avec l’avidité de morts de soif.