L’ouragan de la vengeance, The shooting, Cockfighter, trois films de Monte Hellman. DVD Carlotta.

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Vous connaissez les deux westerns qui prennent à contre-pied ce qui fait le sens du western : l’action, la bravoure, la violence. C’est très lent, Warren Oates parle peu mais laisse entendre qu’il en a dans le ciboulot. Bref, Nicholson adorait ça et a co-produit. Il est même responsable du scénario de L’ouragan. Les paysages sont moches et les chevaux très fatigués. Passons.

Non, le gros truc c’est, bien entendu, Cockfighter. Au scénario, on trouve Charles Willeford qui a adapté son magnifique roman, Combats de coqs (Rivages). La légende veut que Hellman n’aimait pas le scénario au point de vouloir le réécrire avec Earl Rauch. Corman, le producteur, ne voulut rien savoir et s’accrocha dur comme fer au scénario de Willeford. Voilà pour l’ambiance.

Mansfield (Warren Oates) et Burk (Harry Dean Stanton) sont deux entraineurs de coqs de combat. Mansfield perd son dernier coq, sa caravane et sa nana suite à un pari ridicule. Il décide de ne plus parler tant qu’il n’aura pas remporté la médaille du meilleur entraineur. Donc, re-naissance, association avec un néophyte et voilà Mansfield qui repart au combat espérant décrocher la timbale et reconquérir son amie d’enfance qui est prête mais ne veut pas épouser n’importe qui.

Ce film, porté par le visage de Warren Oates, est dur, campagnard, tourmenté. La photo de Nestor Almendros ne rate rien des éclaboussures de lumière et de sang projetées au-dessus des pits par les coqs hystériques. Dans l’ombre, Mansfield-Oates remonte la pente, piétine un amour qui lui tendait la main et gagne le pari prit avec lui-même : revenir au top. La réalisation et l’interprêtation sont de premier ordre. Le meilleur film de Hellman avec Macadam à deux voies, bien sûr.