L’ennemi intime par Florent Emilio Siri.

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Kabylie, 1959. Un jeune lieutenant du contingent vient prendre en charge sa section dont la conscience est un sergent revenu de tout. Benoît Magimel joue le lieutenant et Albert Dupontel, le sergent. Le lieutenant interdit de suite les violences aux femmes et aux enfants. Il rejette également la torture. Puis la réalité de la guerre lui saute à la tête : le FLN se bat pour son avenir et ne recule pas devant les moyens. La France se bat pour son passé et personne n’ignore qu’un jour il lui faudra négocier avec les algériens. Le lieutenant perd ses illusions sur la vie, sombre dans la vengeance et change peu à peu pendant que le sergent, dégouté par cette guerre larvée, prépare son départ.

On pense de suite à la 317eme section, une référence qui n’est pas reniée par le réalisateur. Dire que nous sommes dans une fiction, non. Il s’agit en fait d’un scénario à cheval sur un docu et une fiction bidouillée avec les moyens du bord. Certaines scènes, explicatives, peuvent agacer. Un certain souci de la démonstration également. Néanmoins, je défends cette production qui montre enfin un film de guerre français réalisé par des adultes avec un vrai sens de la mise en scène, du décor et de la direction d’acteurs. Il aura fallu attendre longtemps et supporter pas mal de merdes pour , enfin, voir ça.