L’amie du diable par Peter Robinson / Albin Michel

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Une jeune fille est tuée et violée à Eastvale, dans le Labyrinthe, un passage paumé. Une tétraplégique est égorgée comme un porc sur sa chaise roulante et face à la mer. Dans un cas, c’est Banks qui mène l’enquète et dans l’autre, Annie Cabot. Evidemment, il faudra replonger dans le passé et dans une série de meurtres pour comprendre ce qui se passe. Il faudra même s’engouffrer dans une autre affaire intermédiaire car Robinson n’est pas un adepte de la simplicité. Arrive un moment où l’on ne sait plus très bien sur laquelle des enquêtes les flics transpirent mais l’auteur nous emballe tout ça dans les dernières pages et on y voit plus clair.

Robinson n’est pas David Peace. Il prend son temps. Sur ce livre, il est également largué par Rankin qui, depuis peu, travaille sur la réalité sociale et politique. Robinson, lui, est toujours empêtré dans les tréfonds de l’angoisse humaine. Les soubresauts de la libido. Evidemment, on a déjà donné et de nombreuses fois. Ce qui sauve le livre, c’est le fait d’avoir lu les précédents et de se poser les questions importantes : Banks va-t-il se remettre avec Annie et baiser comme un lapin ? Winsone (fliquesse Black sculpturale) parviendra-t-elle à vaincre sa légendaire pruderie pour se faire sauter derrière la machine à café ? Le prix de la pinte de bière à Eastvale continuera-t-il à grimper ? La commissaire Gervaise, au franc parler rafraichissant, est-elle la sado-maso que l’on subodore ?

On ne peut donc pas négliger un livre qui pose ces questions. Les couvertures d’Albin sont de plus en plus grotesques.