L’abominable homme de Säffle par Sjowall et Wahloo / Rivages.

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Le commissaire Nyman, malade et hospitalisé est tué dans sa chambre avec sauvagerie. Et à la baïonnette. Martin Beck et Kollberg se penchent rapidement sur le sujet car un flic assassiné, ça fait désordre. Mais Nyman pose problème car il s’agissait d’un flic limite sadique, peu regardant sur la véracité des preuves et partisan du "tous coupables" sauf sa femme et son gosse, miraculeusement préservés de son attitude pro-fasciste.

Martin comprend que c’est dans le passé de Nyman qu’il faut chercher le tueur et, notamment, chez ceux qui ont eu à souffrir de ce flic qui blessa et laissa mourir par incompétence et connerie. C’en devient presque contre nature d’essayer de punir un homme qui débarassa la société d’un parasite comme Nyman. Beck ira jusqu’au bout, illustrant l’adage "même les salauds ont droit à la justice".

Nous sommes habitués, grâce aux américains d’abord, aux flics pourris. Mais en Suède, en 70, dans un pays marqué par le miracle économico-social, ce n’était pas la même chose. Il faut remercier le couple suédois d’avoir pris le risque de la détestation des autorités pour dire que le pouvoir et la force sont de l’ancien temps. Bien mené et sans tunnel explicatif, l’Abominable homme de Säffle est à classer dans les très bons livres de cette série, à l’origine du succès actuel du roman scandinave.