Just Kids par Patti Smith / Folio.

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Patti Smith.

On m’avait parlé de ce livre avec des sanglots dans la voix et comme il sort en poche j’en dis deux mots. D’emblée, on sait qu’il s’agit d’un livre générationnel. Des gamins de 20 ans qui se pencheraient là-dessus aujourd’hui seraient pliés de rire. On a droit à la totale : la vie de province, l’enfant né trop tôt qu’on refile à une famille d’accueil, la montée sur la capitale, la dèche, le Chelsea Hôtel, la bohème, la poésie, la création, le grand monde qui n’est pas si grand que ça. Bref, une succession de clichés débités par une fille un peu neuneu, genre la mouche du coche qui rencontre les célébrités et qui n’en revient pas. J’ai du mal à saisir les subtilités des relations de Patti avec Mapplethorpe car elle aborde le sexe avec des pincettes. L’équivalent du flou artistique. Elle s’envoit Sam Shepard. Très simple comme type. De temps à autre, elle aperçoit Warhol au loin, là on n’est pas loin de l’extase.

Ce qui fait l’intérêt du livre ce sont les nombreuses rencontres de cette fille qui, à l’époque, était poétesse : Janis Joplin, Lou Reed, Allen Ginsberg, Gregory Corso, Gerard Malanga, Lenny Kaye etc... Il y a aussi une propension chez Patti à bien faire comprendre au monde entier, qui pourrait la croire seulement chanteuse, qu’elle est beaucoup plus : une grande artiste. C’est assez pathétique comme position car en fait ce qu’elle a fait de mieux dans sa vie, c’est composer et chanter. Pourquoi vouloir être différent ? C’est pas de l’art, le rock ? Moi, je pense que si.