Jar City de Baltasar Kormakur

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Il s’agit de l’adaptation cinématographique du livre d’Arnaldur Indridason, La cité des Jarres, plusieurs fois primé en France. Nous sommes à Reykjavik et dans ses environs. Un homme est assassiné. Un jeune homme, qui travaille dans un centre compilant les données génétiques de la population islandaise, mène une enquète interdite pour comprendre d’où vient le mal qui a tué sa fille de cinq ans. Voilà pour l’intrigue de départ.

Indridason doit être content car le metteur en scène suit l’enquète livresque au doigt et à l’oeil. Mais c’est aussi la faiblesse du film : il s’agit une fois encore d’une putain d’enquète policière. Un demi-siècle après Simenon. Que dire du film ? Il est bien fait, la lumière est belle, les acteurs impec. Ce que le film apporte au livre c’est l’image , justement, de cette Islande peu connue. Erlendur, le commissaire, habite dans une HLM. Une bonne idée. Les maisons de campagne dans ce pays paraissent bricolées avec du bois et sont exposées à tous les vents. La mer est violente, les vents omniprésents et le paysage désolant au possible. Tout ceci rajoute du plomb à l’inspiration déjà morbide d’Indridason. Mais, bon, rien de honteux là-dedans. Comme dans tous les romans nordiques, l’enquèteur possède une félure qui le rend humain : sa fille, une camée émouvante et larguée. Elle figure dans le film, bien entendu. La même histoire en France nous aurait ennuyée mais ici on se laisse embarquer par le personnage principal qui est une île.