Jan Thirion est mort.

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L’écrivain Jan Thirion, basé à Toulouse, est décédé. Il était entré à l’hôpital depuis quelques jours. J’avais préfacé l’un de ses livres paru en 2007. Voici ce que j’en disais.

Humeurs d’automne.

On nous demande parfois de définir des pratiques indéfinissables. Le polar, la nouvelle, l’écriture. Je me souviens d’une anthologie réservée aux nouvellistes dans laquelle il fallait se risquer à définir le texte court. J’y utilisais, entre autres, le mot polaroïd. Pourquoi pas ? La nouvelle est pour moi une fiction fugace, cinglante. On est dans l’éphémère, la vitesse, le sprint.
Aujourd’hui, j’ai mis de l’eau dans mon vin et je dépasse régulièrement les six feuillets. Néanmoins, je ne supporte pas ces nouvellistes qui élaborent leurs textes tels des romanciers essoufflés. La nouvelle n’est pas un roman en réduction. Elle possède sa logique interne et son écriture au rasoir. On ne passe pas trois pages sur une présentation des lieux et des personnages. Nous sommes dans le moment. Quand tout bascule, quand le coeur s’anamorphose, que la raison fait place à la folie, à la dictature des sens.
On trouvera ces éléments liés, donc, à l’instantané dans le recueil de Jan Thirion qui suit. Dans Ruger et Manhurin, entre autres, le texte commence par un dialogue. C’est parfait. Et quand je parle des sens, je pense à ce texte.
Tordons le cou, au passage, à la sacro-sainte chute. Encore pratiquée à l’occasion de concours de nouvelles, sur les chemins vicinaux de la littérature. Thirion l’a compris et nous le prouve dans La troisième balle qui aurait pu se clore en suicide salvateur mais propose, au contraire, une fin ouverte.
Aucun de ces textes courts ne pourrait muter en roman. C’est aussi la grandeur de la nouvelle : elle fait genre et ne souffre pas les manipulations.

Voilà et je ne retire rien concernant Thirion. Le recueil dont il est question dans cette préface est Elagage de printemps chez Quadrature, un excellent éditeur belge. Jan Thirion collaborait depuis plusieurs années au site K-Libre et leur donnait de courtes fictions de façon régulière. Il avait également publié chez Krakoen en compagnie, notamment, de Max Obione et des Micro Fictions aux éditions in8.

On peut en causer

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Little America par Henry Bromell / Gallmeister.

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Comancheria de David Mackenzie (DVD).

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Le big boss par Bill James / Rivages.

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Le Poulpe court toujours / Baleine.

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La loterie par Miles Hyman, d’après Shirley Jackson / Casterman.

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Joli Paris par Dominique Corbasson / Milan.

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Mingus Erectus.

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Le Vieux Saltimbanque par Jim Harrison / Flammarion.

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Pandora n°2.

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Marconi Park par Ake Edwardson / JC Lattès.

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Western Colors.

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Beat Generation.

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Autour de Chet / Decca.