Indian Killer par Sherman Alexie / Albin Michel.

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Sherman Alexie.

Olivia et Daniel, jeune couple de Seattle adoptent un bébé indien enlevé à sa mère âgée de 14 ans. Ils élèvent cet indien comme leur fils et le prénomment John. Celui-ci devient vite un grand gaillard au teint cuivré. Très silencieux, il aime ses parents adoptifs mais le malaise est présent : il n’est pas d’ici. A l’âge de la fac, il apprend sur le peuple dont il est issu, participe à des pow wow. Il fait la connaissance d’une jeune indienne, Marie Polatkin, farouchement pro-indienne et marquée politiquement. Puis un tueur en série commence à zigouiller à Seattle. Avec la fâcheuse habitude de scalper ses victimes. John, lui, travaille comme maçon sur un chantier qui édifie ce qui sera le dernier gratte-ciel de Seattle.

Dans la ville, des indiens persécutés par des blancs avinés, des indiens bourrés comme des coings et des indiens militants comme Marie, croisent la population blanche flippée par les meurtres du tueur. Alexie nous montre du doigt comment la nation indienne, avalée par l’ogre blanc américain, ne pourra jamais vivre autonome, à égalité avec les descendants de Custer. John est l’archétype de ce mal-être et ce qu’il cherche désespérément, c’est sa propre histoire. Ce n’est pas le meilleur livre d’Alexie, je préférais ses nouvelles, mais le sujet est intéressant et l’écrivain connaît son affaire.