Guerre à Harvard par Nick McDonell / Flammarion

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Je n’ai pas lu Douze, premier roman de Nick. Il avait 17 ans, faut pas charrier avec le jeunisme. Du coup, j’ai attendu son troisième livre pour m’y mettre.

Notre jeune narrateur étudie à Harvard. Il croise quotidiennement ses collègues de promotion. De futurs militaires très concernés, des couples qui se cherchent et finissent par s’épouser, des garçons de café guitaristes de rock, des Blacks relégués dans des bâtiments en bout de campus, le créateur de Facebook. Une jeunesse qui fonctionne au café, aux nuits sans dormir et, bien sûr, à l’internet et aux jeux vidéo. Tous ces futurs responsables américains sont dominés par la menace omniprésente de la guerre en Irak. Cette vie en vase presque clôt induit une écriture de constat assez froide ainsi qu’un humour retenu. Nick a choisi de ne pas construire un roman mais propose un regard morcellé en courts chapîtres qui révèle des jeunes gens confrontés à une guerre extérieure et à leur combat intérieur quotidien.

Cet Irak, finalement, n’est-il pas là pour masquer ce difficile passage de l’âge étudiant à l’âge adulte ? Comme s’il fallait s’intérresser à des bleds perdus au fond du désert pour éviter de régler ses propres comptes. On pourrait croire à ce qui précède que McDonell juge mais ce n’est pas le cas : il donne à voir. C’est bien mieux. En vente début septembre.

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