Frost/Nixon de Ron Howard.

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Au départ, il s’agit d’une pièce de théâtre écrite par Peter Morgan. Ron Howard, fan de la pièce, se positionne pour la porter au cinéma mais exige que les deux comédiens de théâtre soient ceux qui assumeront les rôles au cinéma. Franck Langella et Michaël Sheen (The Queen) acceptent.

David Frost, sorte de playboy anglais de la télé, se rend compte que le président démissionnaire Nixon représente un personnage unique. Il se met en tête de réaliser une interview du bonhomme étalée sur quatre émissions d’une heure chacune. Il trouve un producteur et tout en enclenchant le projet, essaie d’intéresser des sponsors et des chaînes. Il investit beaucoup d’argent personnel sur ce projet d’émission. Les chaînes renâclent. Il s’entoure de journalistes politiques très anti-Nixon. L’ancien président s’entoure également d’un quarteron de conseillers. La préparation de ces émissions évoque celle d’un match de boxe. Puis le grand moment arrive et on s’aperçoit que Frost se croit encore en train de déconner dans une soirée de variétés anglaise. Il prend tout à la légère. Les trois premières émissions voient Nixon surfer sur sa roublardise. Mais il en reste une, consacrée au Watergate.

On pourrait penser que ce film -sorte de suite à "Les hommes du président" de Pakula - est statique et qu’on doit s’y ennuyer ferme, mais non. Howard traite son sujet avec un grand sens de la dramaturgie et ses deux acteurs emportent le morceau par leur connaissance du sujet. Ils ont des années de théâtre derrière eux, ça aide. Evidemment, Franck Langella est plus sympathique que le vrai Nixon, une ordure de première, mais le but d’Howard n’était pas de revenir sur les fautes de Nixon mais sur un moment exceptionnel de journalisme politique. A la diffusion des quatre soirées télé, 45 millions d’américains sont restés scotchés à leurs écrans.