Fish Tank par Andrea Arnold.

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Dans une cité de l’Essex, une gamine de 15 ans, Mia, survit entre sa mère et sa soeur. Il n’y a pas de père ; nous sommes dans un environnement très modeste et les deux soeurs passent leur temps à se traiter mutuellement de pétasses. Mia est seule, parle peu, et n’hésite pas à régler à coup de boule ses conflits avec les filles du coin. La mère, encore jeune, méprise cette fille qu’elle ne comprend pas et fait le maximum pour la faire prendre en charge par un centre consacré aux jeunes à problèmes. Les copains de la mère défilent à la maison jusqu’au jour où un amant régulier, Connor, s’installe. Cet homme de 35 ans s’intéresse à Mia comme un père de substitution et l’encourage à persévérer dans la danse hip hop qu’elle travaille seule le soir dans un appartement désaffecté de la cité.

Gamine à fleur de peau, Mia, se heurte à des gitans qu’elle soupçonne d’affamer un vieux cheval. Elle sympathise avec l’un d’eux.

En fait, Connor n’est pas celui qu’il prétend. Et le concours de hip hop n’est pas celui qu’attend Mia. Andrea Arnold a obtenu le prix du jury à Cannes pour ce beau film. Michael Fassbender ("Hunger") et Katie Jarvis sont excellents. On voit où lorgne Arnold : vers Ken Loach. Mais son film est moins emphatique que ceux de Loach. Elle ne se vautre pas dans une mélasse à plein temps. Il y a beaucoup de retenue dans cet ouvrage et même des moments qui pourraient ressembler au bonheur mais dans l’Essex, on n’est pas encore préparé à la félicité. Emouvant, chaleureux, sans afféteries, Fish Tank est la bonne nouvelle de ce mercredi.