Etranges rivages par Arnaldur Indridason / Métaillié.

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Le livre.

Le commissaire Erlendur est en vacances dans les fjords de l’Est de l’Islande. Il réside dans une baraque mal chauffée, seul. Il s’ennuie. Et que fait Erlendur quand vient l’ennui ? Il pense à son frère disparu dans une tempête de neige dont il est, lui, rescapé. Ca doit faire la cinquième fois qu’Indridason nous bassine avec le frangin disparu. On a compris qu’il s’agit d’une borne fondatrice. Mais cette fois, Erlendur fait avancer l’histoire : il retrouve la petite voiture rouge perdue par son frère 40 ans plus tôt (sic) dans la fameuse tempête de neige. Du coup, on a droit à des chapitres passé-présent dont on se moque. Je ne vous raconte pas la fin de cette historiette. Trop d’émotion tue l’émotion.

Mais je m’égare car l’intrigue principale est ailleurs. Une femme a disparu dans une tempête de neige voici 50 ans. Tiens, tiens, comme c’est étrange. Elle se nomme Matthildur. Erlendur se dit qu’elle n’a pas pu muter en congère, voire en iceberg. En conséquence, il passe ses vacances à interroger des vieillards, pour la plupart grabataires, sur la période où disparut cette femme. Il déterre de nuit des cercueils, renifle des os effrités, fait des déductions, polit ses intuitions. Bref, le commissaire s’occupe.

Ce livre n’est pas soutenu par l’office du tourisme islandais. Car tous ces gens évaporés dans les tempêtes, ces os empilés n’importe comment dans les tombes, ces vieux égarés sur la lande, c’est pas très vendeur. Et si on retournait à Reykjavik dans le prochain roman ? Je me languis des gueuletons à la tête de mouton.