En son absence par Bill James / Rivages.

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bill james

Esther Davidson, chef adjoint de la police britannique, participe à un séminaire à Fieldfare consacré à l’infiltration. Au départ, Esther n’est pas trop partante pour envoyer un de ses hommes (ou femmes) au casse-pipe mais les deux intervenants finissent par la convaincre. Celui qui est absent au séminaire c’est Iles, bien connu des lecteurs de Bill James. Flic hautain, prétentieux et donneur de leçon, Iles n’est pas venu car il a perdu un agent en mission d’infiltration et ne s’en est pas remis. Esther finit par envoyer un sergent pour épier de l’intérieur un consortium du crime spécialisé dans l’import-export de n’importe quoi, la drogue de préférence. Evidemment, son policier reviendra mais en très mauvais état.

Bill James travaille son récit par aller-retours, choisissant de s’intéresser aux faits et gestes d’Esther mais dans le désordre. Il faut voir comment l’écrivain épingle les rosbifs qui passent leur temps à contester très poliment les décisions des uns et des autres. Les échanges verbaux sont interminables, Esther se pose dix mille questions, son interjection préférée est "dans quel sens ?". Sarcastique, cinglant, ironique, parfois doucereux, James se régale avec tous ces flics attentistes et pointilleux. L’intrigue en elle-même est simpliste car le sujet n’est pas dans l’histoire mais dans la façon dont les policiers peuvent compliquer leurs petites histoires. L’auto-flagellation est un sport très répandu chez les flics anglais. Notons qu’Esther est affublée d’un mari, joueur de basson dépressif, en guerre contre la terre entière.

Bill ne va pas chercher très loin sa galerie de personnages car je crois me souvenir que tous ses enfants, fille comprise, travaillent dans la police anglaise.