Elle savait par Lee Child / Calmann-Lévy

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Jack Reacher, ancien de la police militaire américaine connait tous les symptômes indiquant qu’un passager s’apprête à se faire sauter le caisson, entraînant dans la mort tous ses voisins. Là, nous sommes sur la ligne 6 du métro new yorkais et Susan Mark, vêtue de noir, affiche les symptômes précités. Néanmoins, ils ne sont que 5 dans cette rame et Reacher ne voit pas l’intérêt de faire sauter une rame pour n’effacer qu’un groupuscule. Bref, il décide d’aller parler à Susan. Evidemment, il ne peut se douter qu’en avançant de quelques pas, il se mettra à dos la police de New York, les fédéraux, la hiérarchie militaire et, curieusement, des extrémistes afghans. Notons que tout ceci s’accompagne d’une pensée individuelle du personnage central qui laisse pantois.

Dans ce livre retors et bien mené, on assiste à des renversements de tendance, des relectures de situation, des alliances qui s’annulent et d’autres qui se créent. Lee Child livre un thriller tendance espionnage documenté et factuel. Dans les dernières pages, après avoir buté vingt vicelards, Reacher n’arrive pas à justifier l’intérêt stratégique d’une photo et décide que c’est comme ça et puis c’est marre. J’aime bien qu’on me prenne pour un con de temps à autre, ça m’apprend l’humilité.

Dernier point : les sympathies de Child sont clairement exprimées ici : il déteste la CIA, pense que les militaires sont sympas et honnêtes et les afghans des tortionnaires ordinaires.

Carré dans ses baskets, donc, mais bon raconteur.