Drama city par George Pelecanos / Le Seuil

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Lorenzo Brown file droit depuis sa sortie de prison et son job à la Humane Society lui plait. D’ailleurs, il a toujours adoré les animaux. Rachel Lopez remplit, parallèlement, un travail de responsable de conditionnelles. Elle veille sur les truands sortis de prison et les incite vivement à trouver un job et à se tenir tranquilles. Et la vie coule comme ça à Washington D.C. Les dealers font du fric, les gros bras se castagnent mollement. Jusqu’au jour où ce petit salaud de Rico Miller pète les plombs et commence à dézinguer comme une bête.

Pelecanos est très fort. Il nous raconte une petite vie quotidienne peinarde et, même là, on est intéressés. Quand la violence explose ce n’est pas une véritable libération car on aurait pu continuer à faire du chemin à son rythme. Si les quartiers noirs et chicanos de la ville nous captivent, c’est grâce au talent de Pelecanos qui sait camper des personnages nouveaux et passionnants. C’est également à l’aide d’une écriture dégraissée, amicale mais pas niaise, qu’il arrive à nous tirer calmement jusqu’aux dernières pages. Dans ce roman, les flics font de courtes apparitions mais le sujet de Pelecanos n’est pas celui de l’ordre. Le véritable sujet du livre c’est la rédemption. Comment revenir au coeur des humains sans verser dans la sainteté. A la fin du livre, Lorenzo et Rachel sortent d’une réunion consacrée aux camés et aux alcooliques qui essaient de s’en sortir. Et Rachel dit à l’ex-taulard : "Tenez bon, Lorenzo". Ce ne sont pas des saints mais, en serrant les dents, tous finiront, peut-être, par s’en tirer.