Dead Boys par Richard Lange / Albin Michel.

Publié

La ville de Los Angeles est au coeur des nouvelles de Richard Lange qui décrit le quotidien de personnages ordinaires. On le compare évidemment à Raymond Carver mais Carver parait partir de plus loin. Ici, le quotidien n’est quand même pas celui de monsieur tout le monde. Un braqueur de banque est mort de trouille à l’idée d’être arrêté, un autre rend visite à sa soeur divorcée pendant qu’un gigantesque incendie ravage les environs, un troisième ouvre sa porte à un frère qu’il n’a jamais rencontré et doit faire avec, la femme d’un quatrième envisage de faire chanter un studio hollywoodien. On rencontre quelques junkies dans le livre de Richard Lange mais ceux qui ne le sont pas sont accrochés à autre chose de toute façon. Il semble que ce soit la condition sine qua non pour survivre dans la Cité des Anges.

Ces fictions sont écrites avec une certaine distance mais Lange ne déteste pas sur certains textes l’hyperréalisme ménager. Il y a de la beauté chez cet auteur qui sait très bien faire passer une musique baignant dans un désespoir quotidien. L’esthétique de la petite déglingue n’est pas loin mais Lange sait s’arrêter à temps. Vivement conseillé.