Dans le café de la jeunesse perdue par Patrick Modiano / Gallimard.

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Juste quelques mots sur le roman de Modiano que je lis avec retard.

Un homme croise dans un café, le Condé, une jeune femme qui le captive. Il va partir à sa recherche.

Modiano propose un récit à plusieurs voix pour dire cette lente errance dans Paris. Pigalle, la nuit, les néons, une jeune fille bien seule à la maison. Puis les déménagements et un mariage improbable avec un homme qui ne la comprend pas mais l’installe à Neuilly. Et la fuite, le Condé, les rues du Quartier Latin, Adamov, Maurice Raphaël. Sous le stéthoscope de Modiano, les visages et les destins défilent tels des maillons-balises tendus autour des quartiers de prédilection de l’écrivain. Cette histoire fragile serait ridicule sous la plume d’un autre mais le romancier active comme jamais son écriture d’une fluidité et d’une séduction ahurissantes. On n’avance pas dans un roman de Modiano, on se laisse porter, bercer même, par une prose magique et des croisements historiques et sentimentaux qui parlent à ma génération.