Dans la vallée d’Elah par Paul Haggis

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Un ex-officier de carrière attend son fils aux Etats Unis. Celui-ci, militaire, revient de mission à Beyrouth. L’homme se rend compte rapidement que son rejeton a disparu. Tout le monde s’en fiche et, notamment, les policiers. Le jeune homme est retrouvé calciné et en morceaux sur un terrain vague. Seule Charlize Theron, enquètrice de police, prend le vieux militaire en pitié et se décide à lui donner un coup de main pour faire la lumière sur cet assassinat étrange. Ils découvriront que le gentil jeune homme a changé.

L’idée est simple mais efficace. L’Amérique envoie au combat des jeunes gens normaux et la guerre les transforme en monstres, incapables de faire la différence entre le bien et le mal. En Irak, l’exceptionnel devient ordinaire ; la torture par exemple, la mort des siens, la mort des autres. La dernière image, un peu emphatique, cible le propos d’Haggis : les US sont en perdition, tous les feux sont au rouge.

Deux mots sur la réalisation : celle-ci, efficace, sans fioritures, nous paraît classique mais elle a le mérite d’éviter les mignardises esthétiques concernant un sujet grave. Le visage de Tommy Lee Jones, raviné, creusé, nous montre l’Amérique d’antan, quand les hommes avaient des couilles ET une morale. Mais les temps changent.