Dans la rue j’entends les sirènes par Adrian McKinty / Stock.

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McKinty

Duffy est policier enquêteur dans une petite ville du bord de mer, pas loin de Belfast. En 1982, il enquête sur un cadavre tronqué retrouvé dans une valise. Il finit par mettre un nom sur le mort : O’Rourke. Un employé du trésor américain, retraité, venu passer quelques semaines sur la terre de ses ancêtres. Comme nous sommes en Irlande, tout le monde ment à Duffy, qui est flic et catholique, ce qui fait beaucoup. Incidemment, il s’intéresse à un meurtre revendiqué par l’IRA et classé vite fait par les autorité qui adorent imputer le maximum de crimes à l’IRA. D’abord parce que ça fait du bien et parce que ça économise des semelles de chaussure. Finalement, O’Rourke et le paysan assassiné ne concernent qu’une seule et même affaire.

Duffy est intéressant par sa position de catholique, contredite par son job de flic qui tend à le situer plutôt côté protestant. Cette dualité qu’on peut lire comme une astuce d’écriture est bien menée par McKinty. Le personnage est sympa, décontracté mais croit quand même que la justice existe sur terre. L’auteur montre bien la déliquescence de l’Irlande du nord, la corruption policière et la justice expéditive de l’IRA. L’écriture, dilettante et gouailleuse, est plutôt réussie car McKinty fait bien passer son bonheur d’écrire. Son personnage, Duffy, est membre du club fermé des losers mais on comprend que ce type se relèvera toujours, la rage au coeur. Bref, un gars comme on les aime.