Coup pour coup par F.X. Toole / Albin Michel

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Dan Cooley voit mourir son petit-fils dans ses bras. Il l’entrainait à la boxe. Du coup, le vieil entraineur ne pense qu’à se venger de la jeune mexicaine qui renversa le gamin. Puis il déprime et bat la campagne en pensant à la mort.

Au texas, Chicky Garza, tex-mex boxeur, rêve d’une carrière de pugiliste à l’image de celle de son grand’père, ancienne gloire des rings. Mais le vieux disjoncte et perd en fiabilité.

On comprend rapidement que Dan et Chicky se rencontreront et feront un bout de chemin ensemble. Voilà pour l’intrigue. Côté psychologie, c’est du basique, du brut de décoffrage car les boxeurs sont des âmes simples. Pures mais simples. Néanmoins, tout le roman baigne dans une naïveté et un sentimentalisme de bon aloi. On est dans la rédemption à fond les manettes mais F.X. Toole sait faire ça. De son vrai nom Jerry Boyd, Toole a fait tous les métiers et, notamment, toréador amateur à Mexico (encorné trois fois). Ca ne s’invente pas. Il démarre la boxe à la quarantaine et s’en prend plein la tronche puis passe entraineur et corner man. Soigneur, quoi. Il faut voir avec quelle science Toole nous informe des trucs et du quotidien des soigneurs et de celui des boxeurs. Les combines à la noix montées pour se faire du fric sur le dos des sportifs, celles qui consistent à perdre pour gagner plus ou à gagner sur le tapis vert. J’en passe et des plus saignantes. C’est cette connaissance de l’intérieur qui enchante dans ce livre. C’est du rapeux, certes, mais comme c’est bon de lire un type qui connait vraiment son affaire. La fin de l’histoire est triste car Toole n’aura jamais vu ce livre en librairie : il est mort à la sortie du précédent. La brûlure des cordes, recueil de nouvelles qui a inspiré Million dollars baby à Clint Eastwood. James Ellroy, qui a l’oeil pour découvrir les bons, signe une préface pleine d’affection.

En vente le 4 janvier.