Cible mouvante par Ross MacDonald / Gallmeister.

Publié
Ross Macdonald

Gallmeister republie deux livres de Ross MacDonald (époux de Margaret Millar, auteur elle-même). Celui-ci et Noyade en eau douce qui sont retraduits. Dans la grande saga des privés crées par les pères fondateurs du genre noir, Lew Archer (qui nous intéresse ici) est le moins connu du grand public. Sam Spade était un dur sans états d’âme, Philip Marlowe un chevalier blanc, et Archer est une sorte de mix des deux premiers. Il apparaît pour la première fois en 1949 dans Cible mouvante. Nous sommes donc dans la région de L.A., Santa Teresa, Bakersfield. Archer est embauché pour retrouver Sampson, un homme friqué. Celui-ci a disparu et de la façon dont les choses apparaissent, on n’est pas sûr qu’il s’agisse d’un enlèvement. Evidemment, la fille de Sampson déteste sa belle-mère, ses nerfs sont peu solides et elle hésite entre un jeune pilote fringant et un homme de loi amoureux. Mais plus vieux. Archer traite les flics comme des demeurés, tout le monde joue double jeu et nous avons droit à une pirouette finale. L’ensemble est sympathique mais surtout émouvant. Car MacDonald nous parle d’un monde qui a bien changé. Derrière lui, des auteurs de qualité ont fait plus fort. Que reste-t-il alors ?

Une écriture, car MacDonald ne fait pas dans la dentelle. L’intrigue avance à la schlague, les dialogues sont concis, les descriptions rapides et d’une modernité bienvenue. On avance donc dans le roman en notant ici et là de courtes phrases qui claquent et ça fait du bien. La longueur du texte est à mettre également au crédit de la génération de MacDonald : 270 pages. Je le note car j’ai sur ma table 3 livres de Sonatine qui m’attendent et font largement leurs 500 pages. C’était génial les années 50 : pas de service marketing au cul ni de recommandations du diffuseur. Ca ressemblait un peu à de la liberté.